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Affaire Emmanuel Leubou : Condamné par la rumeur

Placé en détention provisoire depuis le 4 Mai 2018, le prévenu continue de s’expliquer devant le Tribunal criminel spécial, sur les procédures judiciaires qui le concernent.

Voilà près de cinq ans déjà que Emmanuel Leubou a été placé en détention provisoire à la prison principale de Yaoundé. L’ancien chef de la cellule informatique de la direction des dépenses du personnel et pensions (Ddpp) du Ministère des Finances (Minfi), n’a cependant pas encore été jugé et condamné, si l’on s’en tient aux procédures judiciaires qui se poursuivent devant le Tribunal criminel spécial (Tsc), à Yaoundé, et pour lesquelles, le prévenu assisté de ses conseils apporte des éclairages. Contrairement à la rumeur d’une condamnation à 104 ans de prison par le Tsc, Emmanuel Leubou, continue de clamer haut et fort et même à qui veut l’entendre, son innocence dans ce procès contre sa personne.

Présenté comme le cerveau d’un vaste de réseau de fraude du fichier solde pendant les trois années (2015- 2018) qu’il a passées à la tête de la cellule informatique de Ddpp, Emmanuel Leubou, croit dur comme fer qu’il n’a rien à faire en prison dans le cadre de cette affaire qui aurait fait perdre à l’Etat du Cameroun plus de cinq milliards Fcfa Surtout qu’il dit être celui a dénoncé le dysfonctionnement sur les avances de soldes et avances sur pensions auprès de sa hiérarchie en avril 2016.

Les avances de solde et avances sur pension sont un crédit à taux zéro que le ministère des Finances accorde aux agents de l’Etat en activité ou à la retraite et dont le remboursement est déclenché automatiquement avec un différé de trois mois. Le montant d’une avance de solde ordinaire équivaut à trois fois le salaire de base du demandeur et le remboursement se fait en dix mensualités. Une avance sur pension ordinaire équivaut à douze fois le montant de la pension du demandeur et le remboursement se fait en quarante mensualités. Pourtant, d’après son constat, des traces de nombre de bénéficiaires de ont été a annulées sur le fichier alors qu’ils n’auraient pas entièrement remboursé.

User 01X

« Je suis en prison pour rien », a lancé le prévenu dans une réaction capté au cours de son audition ce mois devant le Tcs et rapportée par le journal Kalara dans son édition du 28 mars 2023. Dans sa version de faits devant le Tcs, Emmanuel Leubou déclare : « En avril 2016, quand je fais la découverte des annulations frauduleuses des remboursements, j’ai repositionné les remboursements et j’ai suspendu le « User » 01X : les annulations ont cessé. A la demande du Payeur général du Trésor, trois mois plus tard, et après avoir assisté à une séance de travail dans son bureau, j’ai exposé les motifs de cette suspension et j’ai remis à titre de preuve la liste des personnes ayant été suspendues jusqu’en avril 2016 », et de poursuivre : « Le Payeur général du Trésor s’est engagé séance tenante à créer un comité mixte pour analyser la situation. Des mois plus tard, ce comité n’avait jamais vu le jour. C’est alors que j’ai saisi le ministre des Finances pour proposer la création d’un groupe de travail et, comme le Payeur général du Trésor a estimé que les activités du « Service des oppositions » (un service de la Direction du Trésor dont le titulaire était l’utilisateur du « User » 01X) étaient paralysées, j’ai levé la suspension du « User » 01X et les annulations ont repris ».

Emmanuel Leubou est convaincu qu’il s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. S’il est persuadé que ses malheurs viennent de la dénonciation de ce dysfonctionnement auprès de sa hiérarchie, l’informaticien dit ne pas comprendre sa détention, au regard de quelques curiosités qu’il relève. « Lorsqu’on sait que ce User appartient à Mme Lefang Celestina Nkeng, d’où vient-il qu’elle comparaît libre alors que moi je suis en détention et pourtant au moment de ma mise en détention, j’étais chef de la cellule informatique de la Ddpp domicilié à Nkolfoulou marié », se demande-t-il. Dans son témoignage, Emmanuel Lebou, révèle aussi que les demandes de certifications des documents produites pour sa défense sont restées jusqu’ici lettres mortes. Non sans dénoncer des intrusions dans son bureau et dans son domicile en l’absence de son épouse après sa mise en détention provisoire.

 

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