Le Ngondo, Assemblée traditionnelle du peuple Sawa, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la décision du sous-préfet de Douala 1er visant à procéder, le 5 juin prochain, à la désignation d’un chef de 3e degré au quartier Grand Moulin, dans le village de Bonatéki-Déïdo. Dans un communiqué publié ce 1er juin 2026 à Douala, l’institution traditionnelle exprime sa « profonde affliction » et sa « stupéfaction » face à une initiative qu’elle juge contraire aux règles de l’organisation coutumière Sawa.
Selon le Ngondo, la mesure annoncée par l’autorité administrative locale constitue une remise en cause de l’architecture traditionnelle et des principes administratifs en vigueur. L’Assemblée traditionnelle rappelle que les chefs de 3e degré occupent une place bien définie dans la hiérarchie coutumière, distincte de celle des chefs de zones, de quartiers ou de blocs, qui ne disposent pas du même statut traditionnel.
Réuni en session extraordinaire, le Ngondo affirme condamner « avec la plus grande fermeté » cette démarche qu’il qualifie d’« inqualifiable » et d’« inacceptable ». L’organisation estime que toute désignation d’une autorité traditionnelle doit impérativement respecter les mécanismes d’intégration et de succession propres aux communautés concernées.

L’institution rappelle également qu’une clarification avait déjà été apportée par l’administration préfectorale du Wouri dès 2004 concernant les modalités de reconnaissance et de désignation des autorités traditionnelles en territoire Sawa. Pour le Ngondo, ces principes, établis depuis plus de deux décennies, devraient continuer à servir de référence afin de préserver l’équilibre social et institutionnel des communautés locales.
Au-delà du cas de Bonatéki-Déïdo, le communiqué traduit une inquiétude plus large face à ce que le Ngondo considère comme des provocations répétées de certains responsables administratifs. L’Assemblée traditionnelle accuse ces derniers de fragiliser le vivre-ensemble et de remettre en question les fondements du modèle de cohabitation qui caractérise le Littoral et plus particulièrement les communautés Sawa.
Dans un ton particulièrement ferme, le Ngondo met en garde contre les conséquences que pourraient entraîner de telles initiatives sur la cohésion sociale. « La patience du peuple Sawa a des limites », prévient le communiqué, tout en appelant les populations à demeurer unies et vigilantes dans la défense des valeurs traditionnelles et du respect mutuel.
Le président en exercice du Ngondo, Gaston Mbodi Épée, se conclut par un appel à l’ensemble des Camerounais à préserver l’unité nationale et à éviter toute action susceptible de fragiliser la paix sociale dans une région présentée comme un modèle du vivre-ensemble camerounais.




