Une réunion des experts de la CEMAC, se tient à Yaoundé du 20 au 22 avril 2026. Avec l’appui de la Banque Mondiale et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFP), ces experts issus des six pays de la sous-région, travaillent à la finalisation d’un référentiel régional pour rendre fiables les données démographiques, et garantir une identité juridique à tous les citoyens de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale ( CEMAC). Il se dégage malheureusement un constat alarmant : seulement 4 naissance sur 10 sont déclarées à l’état-civil.
L’atelier régional qu’abrite Yaoundé la capitale politique du Cameroun sur l’état civil, s’impose comme une réponse concertée aux défis persistants dans la sous-région Afrique Centrale. Selon les statistiques, dans la zone CEMAC, près de 4 naissances sur 10 ne sont pas enregistrées, tandis que moins de 30 % des décès font l’objet d’une déclaration officielle. Réunis autour de ces enjeux, une quarantaine d’experts de la CEMAC et leurs partenaires entendent renforcer la production de données démographiques fiables. Ce qui par ricochet, devrait conduire à une meilleure rationalisation des politiques publiques.

En Afrique centrale, l’officialisation des actes d’état civil reste un défi majeur, marqué par une faible couverture des enregistrements et des inégalités territoriales persistantes. Moins de 60 % des naissances sont déclarées, tandis que certains événements, comme les décès, restent largement sous-enregistrés. Et dans l’optique d’inverser cette tendance, une quarantaine d’experts de la CEMAC et du Fonds des Nations Unies pour la population se sont réunis à Yaoundé depuis le 20 avril 2026, dans le but d’élaborer un Guide pratique visant à améliorer durablement les systèmes d’état civil dans la sous-région. « Nous sommes réunis pour valider le guide, le référentiel, qui va permettre de faire en sorte que le travail effectué dans chaque pays soit comparable, soit un travail conforme au référentiel que nous allons valider ensemble. Nous-mêmes, on appuie directement les pays pour pouvoir faire en sorte que le recensement soit conforme aux normes internationales, mais aussi que le système d’état civil soit mis en œuvre conformément aux normes. Et il y a aussi le côté utilisation des données », a déclaré Nicolas BEYEME NGUEMA le Commissaire en charge du Département des Politiques Économiques, Monétaires et Financières au sein de la Commission de la CEMAC.
Les travaux de Yaoundé devraient permettre de combler les lacunes persistantes dans l’enregistrement des faits d’état civil, notamment les décès, dont moins de 30 % sont officiellement déclarés dans certains pays. L’absence de données fiables sape la mise en œuvre efficiente des politiques publiques. Aussi les participants analysent-ils la chaîne de production statistique, de la collecte à l’exploitation, tout en promouvant la digitalisation et l’interopérabilité des systèmes nationaux. « Partenaire incontournable, l’UNFPA travaille aussi avec les pays, les universités, les centres de recherche, la société civile et d’autres agents des Nations Unies pour s’assurer que les données qui sont collectées soient traduites en informations pouvant être utilisées par les décideurs politiques », a quant à lui, révélé Donatien BEGUY, Conseiller régional en données démographiques, UNFPA
Au terme des travaux, le Guide devrait être validé comme norme régionale et adopté par les États membres. Il servira de référence pour améliorer la couverture des services d’état -civil et atteindre l’objectif d’identité juridique pour tous d’ici 2030. En Afrique centrale, seuls 45 % des pays disposent actuellement de systèmes numériques intégrés, un défi majeur que cette initiative entend relever durablement.
À l’issue des trois jours de travaux, il est attendu des experts :
-valider formellement le guide comme norme régionale de référence ;
-consolider un document final qui intègre les spécificités locales et les innovations technologiques ;
-obtenir l’approbation formelle des Etats membres ;
-élaborer une feuille de route concrète pour la diffusion et l’intégration du Guide dans les cadres législatifs nationaux.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’une fois adopté, ce Guide pratique soit le catalyseur d’une transformation profonde et durable, celle d’une CEMAC où chaque naissance sera comptée, chaque décès analysé et où chaque citoyen sera détenteur d’une identité juridique.
Angeline Bella




