La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (CNECC) est sortie de son silence à la suite des déclarations de Kenneth Romuald Effoudou Awussi, ancien capitaine des Forces de défense, tenues lors de l’émission Master Class consacrée au thème « L’enfer du paradis de Paul Biya ». Dans un communiqué de presse, l’organisation dénonce des accusations qu’elle juge particulièrement graves et annonce l’ouverture d’investigations techniques, juridiques et criminologiques.
Selon la CNECC, l’ancien officier, révoqué des Forces de défense par décret du 25 juin 2026, aurait formulé durant près de 27 minutes des accusations mettant en cause de hauts responsables de l’État, des officiers supérieurs de la Gendarmerie nationale ainsi que plusieurs procédures judiciaires. Le communiqué affirme que ces allégations ont été rendues publiques sans présentation d’éléments de preuve permettant d’en apprécier la crédibilité.
L’institution cite notamment des accusations visant le secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, le conseiller spécial du président de la République Joseph Fouda, ainsi que plusieurs officiers de la Gendarmerie nationale. Elle relève également que Kenneth Romuald Effoudou Awussi aurait qualifié un de ses produits de « centre de torture », des propos que la Chambre considère comme non étayés.


La CNECC estime également que certaines déclarations, notamment celles assimilant le silence du chef de l’État à un « permis de tuer », pourraient relever d’infractions prévues par le Code pénal camerounais. Elle indique que ces propos appellent une appréciation juridique des autorités compétentes.
Face à cette situation, le président de la Chambre, Maître Bony Eugène, annonce la mise en place d’un collectif d’experts criminels coordonné par Maître Thierry Atangana. Cette équipe est chargée de procéder à des vérifications afin d’établir les faits et de produire un rapport qui sera transmis aux autorités compétentes.
Le communiqué revient également sur l’affaire dite « Pat Diamant », rappelant que celle-ci serait née de deux plaintes déposées par l’ONG Observatoire du Développement Sociétal (ODS). La Chambre affirme que plusieurs informations recueillies au cours de ses premières investigations contrediraient certaines déclarations de Kenneth Romuald Effoudou Awussi concernant son implication dans ce dossier, tout en précisant qu’il appartiendra aux autorités compétentes d’en apprécier la portée.
Estimant que cette intervention médiatique est susceptible de porter atteinte à la réputation des institutions républicaines et de leurs responsables, la CNECC se réserve le droit, avec les personnes concernées, d’engager toute procédure judiciaire qu’elle jugera nécessaire. Elle invite par ailleurs les médias, les acteurs des réseaux sociaux et les citoyens à privilégier les faits établis plutôt que la diffusion d’allégations non vérifiées.
Enfin, la Chambre souligne que les officiers des Forces de défense sont soumis à des obligations particulières de discipline, de loyauté, de réserve et de discrétion professionnelle. Elle avance également que la démarche de Kenneth Romuald Effoudou Awussi pourrait s’inscrire, selon son analyse, dans une tentative d’obtenir un asile politique ou de préparer une procédure d’immigration, une appréciation présentée comme l’une des hypothèses issues de ses investigations en cours.




