Un communiqué de Tatiana MENGUE AMOUGOU veuve TAFEN, dénonce un programme des obsèques clandestin de son époux, ancien animateur de la CRTV. Selon celle qui est plus connue sous l’appellation Tatiana Dirane, le programme des obsèques de son époux a été établi à son insu ainsi que de ses enfants.
« Je ne suis la marionnette de personne ». Le cri de Tatiana Mengue Amougou, veuve de Foly Dirane, résonne comme un acte d’accusation. L’ex-animateur vedette de la CRTV et figure du makossa est décédé, mais c’est sur Facebook que son épouse dit avoir découvert le programme de ses obsèques.
Dans un communiqué devenu viral, la veuve TAFEN dénonce : elle et ses enfants ont été écartés de toute réunion de préparation. « J’ai découvert sur Facebook un programme des obsèques de mon défunt mari, issu d’une réunion à laquelle mes enfants et moi n’avons pas pris part. Je précise clairement que je ne suis pas concernée par ce programme tel qu’il circule actuellement. Toute décision concernant les obsèques de mon époux doit se faire dans le respect, la dignité et avec mon entière implication. »
L’organisation des funérailles : un instrument de violence contre les femmes
Le cas de Tatiana Dirane éclaire une violence ordinaire, tue, subie par des centaines de veuves camerounaises. Dès le décès du conjoint, la belle-famille s’empare souvent du corps, du programme, du lieu d’inhumation. L’épouse est reléguée au rang d’invitée. On lui impose tout : la date, les intervenants, parfois même la garde des enfants.
Cette mise à l’écart est une violence psychologique et sociale. Refuser à une femme le droit d’enterrer dignement son époux, c’est nier son statut. C’est la réduire, selon ses propres mots, à « la marionnette de personne ».
Quand la société cautionne l’effacement
Cette spoliation familiale est aggravée par la lenteur ou le silence des institutions. L’affaire Anicet EKANÈ reste un précédent douloureux : après le décès de l’homme politique, sa veuve a dû mener une longue bataille judiciaire pour faire respecter ses droits d’épouse et d’ayant droit. Pendant des mois, des décisions familiales et politiques ont primé sur la loi.
Les tribunaux camerounais, pourtant garants du Code des personnes et de la famille, tardent à sanctionner ces abus. La loi existe, mais sur le terrain, c’est le rapport de force qui tranche. Et la veuve, en deuil, est presque toujours la plus vulnérable.
« Respect, dignité, entière implication » : la loi est du côté des veuves
En réclamant son « entière implication », Tatiana Dirane ne demande pas un privilège. Elle rappelle le droit. L’article 77 du Code des personnes et de la famille* reconnaît l’épouse comme héritière et ayant droit prioritaire. Elle doit être au cœur des décisions concernant les obsèques de son mari.
Pourtant, la coutume enterre souvent le droit. Le conflit autour des obsèques de Foly Dirane dépasse donc le fait divers. Il met à nu une double violence :
-familiale : quand la belle-famille instrumentalise la tradition pour déposséder la veuve.
-institutionnelle : quand la justice, par inertie ou partialité, valide l’abus, comme dans le cas Anicet EKANÈ.
Il est urgent d’agir. Il faut des mesures juridiques claires et des sanctions administratives pour que plus aucune femme au Cameroun n’ait à livrer bataille pour enterrer son époux. Protéger les veuves, c’est protéger la dignité des familles.




