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Mort d’Alexis Dipanda Mouelle : La validation controversée de la présidentielle de 1992 refait surface

Alexis DIPANDA MOUELLE est décédé au petit matin ce lundi ,4 mai 2026, à 84 ans. Il tire ainsi sa révérence trois mois après son épouse. Si l’ancien premier président de la Cour suprême laisse derrière lui 49 ans de magistrature, un acte résume à lui seul la complexité de son héritage : la validation des résultats de l’élection présidentielle d’octobre 1992..

Octobre 1992 : la décision qui marque une vie 

Nous sommes en 1992. Première présidentielle pluraliste. Paul Biya face à Ni John Fru Ndi. Le scrutin se tient dans un climat électrique. Les résultats sont serrés, les accusations de fraudes massives pleuvent. C’est à Alexis Dipanda Mouelle, premier président de la Cour suprême depuis 1990, que revient la charge de proclamer les résultats. Le 23 octobre 1992, la Cour suprême valide la victoire de Paul Biya avec 39,9% contre 35,9% pour Ni John Fru Ndi.

Cette décision, « dans des conditions que l’histoire n’a jamais totalement clarifiées », fera de Dipanda Mouelle l’homme de 1992. Pour ses détracteurs, il est celui qui a « légalisé le hold-up électoral ». Pour d’autres, il a appliqué le droit avec les pièces qu’on lui a données, dans un contexte où la Cour n’avait pas les moyens d’investigation d’une commission électorale indépendante.

24 ans à la tête de la Cour suprême

Né le 25 mars 1942 à Bonakou Bwapaki, Bonaléa, Alexis Dipanda Mouelle intègre la magistrature le 29 novembre 1965 après des études à l’Université de Paris. Juge à Yaoundé, président du tribunal de Foumban, procureur général à Douala : il connaît tous les étages de la maison justice avant d’accéder au sommet en 1990. Il y restera 24 ans.

Juriste respecté, il préside aussi la 17e session du Comité des Nations unies contre la torture et publie en 1998 La torture, cette barbarie de l’humanité.

 La retraite apprise à la radio

Ironie de l’histoire : l’homme de 1992 tombera en disgrâce en 2014 pour avoir voulu libérer un autre homme. Convaincu de l’innocence d’Atangana Mebara dans l’opération Épervier, il s’oppose à la Chancellerie. Paul Biya signe son décret de mise à la retraite en décembre 2014. Il l’apprend à la radio.

Libéré de ses obligations, il plaidera dès lors ouvertement pour plusieurs détenus de l’opération Épervier. Un « courage tardif », diront certains.

Un héritage contrasté

On retiendra les chiffres : 24 ans à la Cour suprême, des dizaines de décisions majeures. Mais on retiendra surtout octobre 1992. Ce mois où le juge Dipanda Mouelle, en une proclamation, est entré dans l’histoire politique du Cameroun.

Grandeur, compromis, sursaut final : le parcours d’Alexis Dipanda Mouelle épouse les contradictions de 40 ans de vie judiciaire camerounaise.

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