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Marion Obam : « La convention collective des journalistes adoptée depuis 2008 n’a jamais été appliquée »

Dans un entretien accordé à Cameroon-Files à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, la présidente du bureau exécutif national du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), est revenue non seulement sur le cas Martinez Zogo, mais aussi les actions menées par le syndicat depuis son arrivée en juin 2022.

La presse camerounaise célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse ce 3 mai 2023. Parlerez-vous aussi de célébration et ou de réflexion ?
C’est une célébration parce que c’est une journée internationale, mais les angles du Snjc sont la revendication, la réflexion et la formation.

Cette journée ne sera pas vécue par Martinez Zogo, le directeur d’Amplitude Fm assassiné à Ebogo 3 en janvier dernier. Alors que la presse a une pensée pour lui, la question de la liberté et de la sécurité des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions demeure préoccupante. Comment travaille le Snjc sur le sujet ?
Le Syndicat national des journalistes du Cameroun est le seul qui, depuis le décès de Martinez Zogo, n’a pas donné un seul instant de répit au gouvernement. Nous avons fait des déclarations, communiqué, rencontré les diplomates et les membres du gouvernement ainsi que la famille. La fédération internationale des journalistes et la fédération africaine de journalistes auxquelles le Snjc est affilié ont fait du lobbying et pour la première fois, au Cameroun après l’assassinat de cinq hommes de médias, le Président de la République a pris la parole et ensuite des arrestations s’en sont suivies. Aujourd’hui, le Snjc pour maintenir la flamme sur l’absence de procès et de coupable de l’assassinat inhumain de Martinez Zogo, nous avons institué la journée mercredi presse noir. Nous sommes rendues à la 17ème. Après le 3 mai nous allons donner un coup d’accélération à nos revendications.

Face à la presse le 24 janvier dernier à Douala, vous releviez entre autres que « Les travailleurs des médias sont sans protection », et exhortiez le gouvernement à se conformer aux conventions internationales relatives à la liberté de la presse, à la protection des journalistes et au respect des droits de l’homme et des libertés ratifiées par le Cameroun. Qu’en est-il des mois après ?
Il y a eu de légers changements, car tous les journalistes qui avaient saisi le Snjc pour des problèmes de sécurité, nous ont dit après quelques jours que les menaces avaient cessé. Mais c’est une situation ponctuelle qui n’enlève rien au fait que l’insécurité pour ces journalistes Camerounais est une réalité. En trois mois nous avons recensé des agressions verbales et physiques avec menace de mort notamment par des élus locaux, le député Grégoire Mba Mba de l’océan et le maire de Maroua. C’est regrettable pour des élus locaux.

Certains travailleurs des médias passeront la journée du 3 mai les poches vides, faute de salaires. De quoi évoquer la question des conditions de vie et de travail dans les entreprises de presse. Quel est l’état des lieux sur le terrain depuis votre élection l’an dernier?
J’ai été élue le 25 juin 2022. J’ai fait une tournée nationale dans les dix régions pour rencontrer tous les membres de notre syndicat. Les problèmes sont transversaux et d’autres spécifiques aux régions. Il n’y a pas encore eu d’amélioration. Vous savez bien que depuis 2008 que la convention collective des journalistes a été adoptée au Cameroun, elle n’a jamais été appliquée. Pourtant, c’est elle qui va nous donner un statut comme le secteur de l’industrie, du commerce et de la médecine. Nous avons engagé avec le ministère du Travail et de la Sécurité Sociale des séances de travail pour trouver une solution. On avance à petits pas.


Au-delà de la dénonciation du non-respect des droits des journalistes par des entreprises de presse et d’autres irrégularités. Comment le Snjc entend permettre aux travailleurs de médias victimes d’abus de rentrer dans leurs droits ?
Il faut d’abord adhérer au Snjc. Il faut appartenir à son regroupement corporatiste. Le Snjc est le seul syndicat actuellement avec 500 membres inscrits à date et présent dans les dix régions du Cameroun. Nous construisons une force qui va être un contre-pouvoir puissant et va s’imposer dans le rapport de force. J’ai dit plus haut que la convention collective est le seul instrument qui peut gérer les problèmes transversaux d’un secteur d’activité. Nous y travaillons. Notre permanence syndicale est également ouverte pour écouter nos camarades et trouver des solutions aux problèmes. Malheureusement beaucoup de camarades ne veulent pas dénoncer leurs bourreaux.

Propos recueillis par Renaud Inang

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