À l’occasion de son passage sur Radio Balafon, l’écrivain camerounais Gaston Kelman a livré une analyse critique du rôle des intellectuels africains, de la démocratie et des fondements de la construction des États africains. Des déclarations qui alimentent le débat sur les modèles de gouvernance et le développement du continent.
D’entrée de jeu, l’auteur de « je suis noir mais je n’aime pas le manioc » a dénoncé l’attitude de certains intellectuels africains qu’il accuse de porter un regard systématiquement négatif sur leur continent. « Si vous voulez entendre dire du mal de l’Afrique, tendez le micro à un intellectuel », a-t-il lancé, estimant que nombre d’entre eux, une fois installés ou reconnus en Occident, évitent de mettre en avant les réussites de leur pays d’origine.
Évoquant le cas du Cameroun, Gaston Kelman a souligné que le gouvernement compte un nombre important d’universitaires et de professeurs de haut niveau. Selon lui, cette richesse intellectuelle ne se traduit pourtant pas toujours par des résultats concrets en raison de l’individualisme et de l’égoïsme qui, affirme-t-il, freinent les ambitions collectives.
L’écrivain s’est également exprimé sur la démocratie, qu’il considère non pas comme un obstacle au développement, mais comme un système dont l’application peut devenir problématique. À ses yeux, ce n’est pas la démocratie en elle-même qui constitue un frein, mais l’usage qu’en font les dirigeants. Il a par ailleurs soutenu qu’aucune grande puissance ne se serait développée grâce à la démocratie et a cité l’exemple de plusieurs pays asiatiques, dont les systèmes politiques seraient davantage en adéquation avec leur histoire et leur civilisation.
Enfin, Gaston Kelman a insisté sur l’importance de la langue dans la construction nationale. Selon lui, une nation ne peut pleinement se revendiquer comme telle sans disposer d’une langue commune, qu’il considère comme un facteur essentiel de cohésion et d’identité collective.




