Yokadouma, région de l’Est. Trois trafiquants présumés ont été interpellés le 5 mai dernier avec plus de 700 kg d’écailles de pangolin. Ils sont poursuivis devant le Tribunal de Grande Instance de Yokadouma.
L’opération a été menée par la Délégation départementale des Forêts et de la Faune de la Boumba-et-Ngoko, en collaboration avec la Gendarmerie Nationale, avec l’appui technique de l’ONG LAGA (The Last Great Ape Organization).
Selon les autorités, les suspects seraient membres d’un vaste réseau de criminalité faunique qui opère au Cameroun et s’étend au Gabon, au Congo-Brazzaville, en RCA et en Guinée équatoriale. Ils avaient dissimulé leur stock dans un atelier de menuiserie au centre de Yokadouma, sous couvert de commerce de produits forestiers non ligneux. Les écailles étaient mélangées à des sacs de poivre pour masquer l’odeur.
La cargaison correspond au massacre de plus de 1 300 pangolins, selon le Ministère des Forêts et de la Faune. Le Cameroun abrite trois espèces – pangolin commun, pangolin à longue queue et pangolin géant – toutes intégralement protégées (Classe A) et classées menacées d’extinction par l’UICN.
Dans une note publiée après l’opération, le MINFOF a dénoncé ce « massacre » et réaffirmé sa détermination à lutter contre le trafic.
L’affaire est en instruction à Yokadouma. Au regard de la loi faunique de 2024, qui criminalise le trafic d’espèces protégées, les suspects encourent jusqu’à 20 ans de prison ferme et 50 millions FCFA d’amende.
D. Lambo




