Dans les zones d’exploitation aurifère de la région de l’Est, les conditions de travail des orpailleuses soulèvent de nouvelles inquiétudes sanitaires. Plusieurs femmes travaillant dans les sites miniers affirment avoir développé des problèmes affectant leurs parties intimes, qu’elles désignent localement sous le terme de « lésion vaginale ».
D’après des témoignages recueillis par le journaliste Jean Charles Biyo’o et relayés par le média Griote , ces travailleuses auraient souffert de blessures apparues autour des organes génitaux. Des symptômes qui, selon les confidences rapportées, auraient suscité des consultations médicales.
Un médecin cité dans ces témoignages aurait établi un lien entre ces problèmes et l’utilisation du mercure dans les activités d’extraction de l’or. Ce produit est utilisé dans certains sites d’orpaillage pour faciliter la récupération du métal précieux, mais son exposition peut présenter des risques importants pour la santé humaine.
La question de l’utilisation du mercure
À Batouri, l’utilisation du mercure dans les exploitations minières avait déjà suscité des interrogations au sein des communautés locales. Certaines populations accusaient notamment des exploitants chinois d’être à l’origine de son utilisation sur les sites miniers.
Une accusation qui, selon un article publié en novembre 2021 par Jean Charles Biyo’o sur Reporterre, avait été contestée par le délégué départemental de l’époque. Celui-ci avait plutôt mis en cause les exploitants locaux dans l’utilisation de cette substance.
Ces témoignages mettent en évidence les risques auxquels sont confrontés les travailleurs de l’exploitation aurifère artisanale, particulièrement dans les zones où les mesures de protection sanitaire et environnementale restent insuffisantes.
Au-delà de la question du mercure, ces révélations posent celle de l’encadrement des activités minières et de la protection des populations vivant et travaillant autour des sites d’orpaillage.
Des investigations médicales et environnementales approfondies seraient nécessaires pour déterminer avec précision l’origine de ces lésions, mesurer l’exposition des populations au mercure et établir l’ampleur du phénomène.




