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mercredi, mai 20, 2026
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Douala : Quand les premières pluies révèlent les failles de la gouvernance urbaine

La saison des pluies s’installe à peine à Douala et les inondations refont déjà surface, avec leur lot de dégâts matériels et de pertes en vies humaines. Comme chaque année, plusieurs quartiers de la capitale économique camerounaise se retrouvent submergés après les premières fortes précipitations.

Lundi 18 mai, de nombreux axes routiers ont été coupés, paralysant la circulation dans plusieurs zones de la ville. Des habitations ont également été envahies par les eaux, obligeant les habitants à improviser des solutions de fortune pour poursuivre leurs activités ou simplement tenter de protéger leurs biens.

Le bilan humain est particulièrement préoccupant. Selon des sources non officielles, deux enfants ont été emportés par les eaux dans le quartier Sable Mbanya, une zone marécageuse réputée pour sa vulnérabilité aux inondations. Ce drame relance les inquiétudes sur les conditions de vie dans ces secteurs exposés, où chaque épisode pluvieux devient une menace pour les populations.

Sur le terrain, de nombreux riverains déplorent l’absence de mesures d’urgence de la part des autorités municipales. En attendant une éventuelle intervention, les habitants sont contraints de se débrouiller seuls face à la montée des eaux.

Pour Didier Yimkoua, environnementaliste, les inondations à répétition à Douala ne sont pas une fatalité naturelle, mais la conséquence d’une urbanisation mal pensée.

« L’eau ne devrait pas être un problème à Douala. Les fortes pluies ne provoquent pas forcément des inondations. Celles-ci sont causées par une mauvaise gestion des eaux pluviales », explique-t-il.

Selon lui, la ville aurait besoin d’environ 250 kilomètres de drains pour assurer une évacuation efficace des eaux, alors qu’elle n’en disposerait même pas de 50 kilomètres fonctionnels.

L’expert estime que la situation traduit une « mauvaise gouvernance » urbaine et appelle à une implication plus forte des populations dans les actions de prévention. Il préconise également des mesures structurelles audacieuses, telles que la destruction de milliers d’habitations construites dans des zones à risque et le développement de constructions en hauteur.

« Si la ville de Douala avait été pensée en intégrant le paramètre eau, ces inondations ne se produiraient pas », insiste-t-il.

Chaque année, les mêmes scènes de désolation se répètent dans la métropole économique. Malgré les alertes récurrentes et les pertes enregistrées, les solutions durables tardent à se concrétiser, laissant les habitants à la merci des intempéries.

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