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Cameroun–BID : le partenariat entre dans une nouvelle phase

La coopération entre le Cameroun et le Groupe de la Banque islamique de développement (BID) s’apprête à franchir une nouvelle étape. Réunis le 14 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, à l’occasion de la première Journée du Groupe de la BID au Cameroun, les deux partenaires ont fait le point sur leurs interventions et engagé les travaux devant aboutir au Cadre d’Engagement Pays (CEP) 2027-2029.

Les chiffres permettent de mesurer l’ampleur de cette coopération. Depuis le lancement de ses interventions au Cameroun, le Groupe de la BID a approuvé environ 4,2 milliards de dollars, soit près de 2 520 milliards de FCFA, pour une centaine d’opérations. Ces financements concernent notamment l’agriculture, les infrastructures de transport, l’énergie, l’éducation, la santé et le commerce.

L’histoire de ce partenariat remonte aux premières interventions de l’institution dans le pays, avec notamment le financement de la construction du barrage hydroélectrique de Songloulou. Au fil des années, la coopération s’est élargie pour donner naissance à un portefeuille couvrant plusieurs secteurs. Au 14 septembre 2026, 14 projets sont encore en cours, pour une enveloppe globale estimée à environ 441 milliards de FCFA, selon le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey.

Des investissements orientés vers la transformation

Pour le gouvernement camerounais, le Groupe de la BID doit désormais contribuer davantage à la transformation structurelle de l’économie. Les opérations annoncées lors de cette Journée traduisent cette volonté.

Dans les régions du Sud et de l’Est, un financement de 42 millions d’euros est prévu pour soutenir un projet intégré de développement de l’économie rurale. L’initiative devrait bénéficier à plus de 250 000 personnes, avec à la clé la création d’environ 50 000 emplois, l’aménagement de 420 hectares de terres agricoles et la réhabilitation de 300 kilomètres de routes rurales.

Les infrastructures routières figurent également parmi les priorités. La réhabilitation de 218 kilomètres de la route Douala-Bafoussam est associée à un financement annoncé de 212 millions d’euros. Cette intervention vise notamment à réduire les coûts et les délais de transport, renforcer la sécurité routière et stimuler l’activité économique sur cet important corridor.

Autre priorité : le financement du secteur privé. Plusieurs mécanismes représentant jusqu’à 100 millions d’euros, selon les opérations annoncées, devraient être mis à la disposition d’établissements financiers camerounais. L’objectif affiché est de faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises aux financements et de contribuer à la diversification de l’économie.

L’enjeu de l’exécution

Si la mobilisation des ressources reste importante, leur utilisation effective constitue désormais un autre défi majeur. Le gouvernement reconnaît plusieurs contraintes qui ralentissent encore la mise en œuvre des projets : maturation insuffisante des dossiers, procédures de passation des marchés, mobilisation des contreparties nationales ou encore gestion de la dette publique.

Dans ce contexte, l’amélioration de la gouvernance des unités de gestion et l’accélération de l’exécution des projets apparaissent comme des priorités pour la prochaine phase du partenariat.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le CEP 2027-2029. Cameroun et Groupe de la BID entendent, pour la première fois, construire conjointement un document stratégique définissant les principales priorités de leur coopération sur une période de trois ans.

Parmi les domaines appelés à occuper une place centrale figurent l’industrialisation, la transformation locale des matières premières, la sécurité alimentaire, l’énergie, l’emploi des jeunes, l’autonomisation économique des femmes et le développement du secteur privé.

Passer des engagements aux résultats

Près de 50 ans après le début de leur coopération, les deux partenaires veulent désormais mettre davantage l’accent sur l’impact concret des financements mobilisés. Le gouvernement souhaite voir émerger davantage de projets productifs et un recours renforcé aux instruments de la finance islamique pour accompagner les entreprises et les investissements.

Le Groupe de la BID, pour sa part, annonce des mesures destinées à accélérer le processus, notamment une réduction des délais de traitement, une accélération des décaissements et un renforcement de la supervision des projets.

Le CEP 2027-2029 devrait ainsi constituer la feuille de route de cette nouvelle séquence. L’ambition affichée est de rapprocher davantage les engagements financiers de leurs retombées économiques et sociales, notamment en matière d’emploi, d’infrastructures et de transformation structurelle de l’économie camerounaise.

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