Plus d’une semaine après la collision entre les navires MV SEA HONOR et MV BLACK RHINO dans le chenal du Port de Douala-Bonabéri, le gouvernement camerounais intensifie sa riposte. En visite sur le site ce lundi, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a conduit une mission d’inspection destinée à évaluer les conséquences économiques de cet accident et à s’assurer de la continuité des activités au sein de la principale plateforme portuaire du pays.
Aux côtés du gouverneur de la région du Littoral, du directeur général du Port Autonome de Douala et des responsables des administrations impliquées, le ministre a inspecté les zones concernées avant de présider une réunion stratégique consacrée à la gestion de la crise.
Si les opérations de sécurisation demeurent une priorité, les autorités s’intéressent désormais aux effets que pourrait avoir cet incident sur les échanges commerciaux. Toute perturbation prolongée dans le chenal risque d’entraîner des retards dans les escales, une augmentation des coûts du transport maritime et des difficultés d’approvisionnement pour les entreprises camerounaises ainsi que pour plusieurs pays de la sous-région dépendants du port de Douala.
Un maillon essentiel du commerce sous-régional
Véritable poumon du commerce extérieur camerounais, le Port de Douala-Bonabéri concentre une grande partie des importations de biens de consommation, d’équipements industriels et de produits pétroliers. Il constitue également la principale porte de sortie des exportations de cacao, de bois, de coton et d’autres matières premières.
Une paralysie prolongée du chenal pourrait ainsi provoquer un effet en cascade sur l’économie nationale, avec une hausse des coûts logistiques, des retards dans les chaînes d’approvisionnement et une pression accrue sur les prix de certains produits importés.

Au-delà du Cameroun, le port joue un rôle stratégique pour le Tchad et la République centrafricaine, dont une part importante des échanges commerciaux transite par cette infrastructure.
Rassurer les armateurs et préserver la compétitivité
Face à cet enjeu, les autorités veulent envoyer un signal fort aux compagnies maritimes et aux investisseurs. L’objectif est de démontrer que les opérations portuaires restent maîtrisées malgré l’accident et que toutes les mesures sont prises pour garantir la fluidité du trafic.
Dans un contexte marqué par une concurrence accrue entre les grands ports du Golfe de Guinée, la capacité du Port de Douala-Bonabéri à assurer la continuité de ses services constitue un facteur déterminant pour préserver sa crédibilité auprès des armateurs internationaux.

Tirer les leçons de l’incident
La réunion de crise présidée par le ministre des Transports a également permis d’ouvrir le chantier de la prévention. Les autorités envisagent de renforcer la surveillance de la navigation, d’améliorer la coordination entre les différents acteurs portuaires et de moderniser les dispositifs de gestion du trafic maritime.
Au-delà de la gestion immédiate de l’accident, cette séquence pourrait accélérer les investissements destinés à renforcer la sécurité de la navigation et la résilience des infrastructures portuaires.




