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Terres d’Apouh : la Socapalm recadre les accusations et dévoile ses chiffres

La Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) est sortie de sa réserve pour apporter des clarifications sur le litige foncier d’Apouh, au lendemain de plusieurs publications en ligne présentant l’affaire comme un conflit direct entre l’entreprise et les populations riveraines. Dans un communiqué rendu public, l’agro-industriel affirme que le dossier relève avant tout d’une procédure opposant la communauté d’Apouh à l’État du Cameroun dans le cadre de la gestion du domaine foncier national.

Cette mise au point intervient après la médiatisation de l’affaire et les revendications des habitants réclamant la rétrocession d’environ 200 hectares de terres. Pour la Socapalm, il est essentiel de rétablir les contours juridiques du contentieux. L’entreprise soutient que les procédures en cours concernent principalement la clarification des limites foncières et la gestion du patrimoine foncier de l’État, et non un différend direct avec la communauté.

Un héritage foncier ancien

Pour expliquer la situation, la société rappelle que les titres fonciers concernés trouvent leur origine dans les anciennes plantations de la SPROA et de la Société des Palmeraies de la Ferme Suisse, intégrées à la Socapalm lors de la fusion-absorption de 2010. Certains de ces titres remontent aux années 1960 et font depuis l’objet d’opérations de mise à jour et de sécurisation juridique.

Selon l’entreprise, ces emprises foncières s’inscrivent dans un héritage historique complexe, marqué par l’évolution des plantations industrielles de palmiers à huile et la nécessité d’adapter les délimitations cadastrales aux exigences contemporaines.

Une démarche de clarification engagée depuis 2017

La Socapalm indique avoir engagé depuis près d’une décennie un vaste programme de clarification foncière en partenariat avec le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf). Cette initiative vise à redéfinir avec précision les limites de ses concessions sur l’ensemble de ses sites de production.

L’entreprise souligne que cette démarche s’appuie notamment sur les travaux de la mission conjointe Mindcaf-Socapalm menée en septembre 2022, associant administrations publiques, experts techniques et représentants des communautés riveraines.

Plus de 11 400 hectares proposés à la restitution

L’un des principaux arguments avancés par la société concerne les résultats déjà obtenus dans le cadre de ce processus de régularisation foncière.

À Eséka, les travaux cadastraux validés par les autorités compétentes ont conduit à la proposition de restitution de 8 834,08 hectares non exploités sur une superficie initiale de 13 954 hectares. À Dibombari, ce sont 2 566,93 hectares qui ont également été proposés à la rétrocession au domaine national.

Au total, plus de 11 400 hectares ont ainsi été identifiés pour être restitués à l’État sur ces deux sites. La Socapalm présente ces chiffres comme la preuve de son engagement en faveur d’une gestion foncière conforme aux exigences réglementaires.

Des opérations en cours à Édéa

L’entreprise précise par ailleurs que les travaux de sécurisation foncière se poursuivent dans plusieurs plantations, notamment à Mbongo, Mbambou et Kienké.

Concernant le site d’Édéa, au cœur du contentieux médiatisé, la société annonce l’entrée dans une nouvelle phase opérationnelle. Après une récente descente conjointe sur le terrain réunissant administrations, experts et représentants des communautés, les opérations de reconstitution des limites foncières ont officiellement démarré le 16 juin 2026.

La Socapalm assure que ces travaux se déroulent dans un cadre concerté et contradictoire, afin de garantir la transparence du processus et la prise en compte des préoccupations de toutes les parties prenantes.

Appel à la prudence

Face à la sensibilité du dossier, l’entreprise invite les médias et l’opinion publique à faire preuve de prudence dans la diffusion des informations relatives à cette affaire. Elle recommande de privilégier les communications officielles des autorités compétentes et les conclusions des travaux techniques en cours.

Cette sortie médiatique marque une nouvelle étape dans un dossier foncier particulièrement suivi, où les enjeux de propriété, d’exploitation agricole et de cohabitation avec les communautés locales continuent d’alimenter le débat public.

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