La lutte contre le braconnage vient de marquer un point. Un présumé trafiquant de faune a été interpellé jeudi au quartier Ekoumdoum à Yaoundé, au moment où il tentait d’écouler un important stock de produits illicites.
Une saisie dissimulée dans un taxi
L’homm, âgé de 28 ans, transportait 8 défenses d’éléphants cachées dans des sacs de céréales. Deux sacs à dos et un autre sac renfermaient 52 kilogrammes d’écailles de pangolin géant. Le tout était dissimulé dans le coffre d’un taxi pris en course.
Les agents de la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Centre et de la Division Régionale de la Police judiciaire sont intervenus avec l’appui technique de LAGA, organisation spécialisée dans l’application des lois sur la faune. Le suspect s’apprêtait à conclure la transaction quand il a été arrêté.
Un réseau qui part du Sud et remonte au Congo
Placé en garde à vue, le mis en cause fait face à de lourdes charges. Selon la loi de 2024 relative à la faune, le trafic de produits fauniques est désormais un crime. Il encourt jusqu’à 20 ans d’emprisonnement s’il est reconnu coupable.
Les enquêtes indiquent qu’il appartient à un réseau structuré basé dans la région du Sud, notamment autour de Djoum et Mintom, foyers connus du trafic d’ivoire. Il aurait quitté Mintom pour Yaoundé en transport public, en prenant soin de dissimuler la marchandise tout au long du trajet. Son circuit d’approvisionnement s’étend jusqu’en République du Congo, où il se procure les défenses d’éléphants.
Pour couvrir ses activités, le suspect se présentait comme commerçant de cacao. Il parcourait plusieurs localités pour acheter du cacao, mais aussi de l’ivoire et des écailles de pangolin.
Des trafiquants de plus en plus ingénieux
Le gouvernement a durci la répression pour protéger les ressources naturelles. En réaction, les réseaux de trafiquants perfectionnent leurs méthodes : itinéraires multiples, couverture commerciale, techniques de dissimulation sophistiquées. L’application de la loi devient plus complexe. Cette arrestation à Yaoundé en est l’illustration.
Rappel de la loi en vigueur
Au Cameroun, l’éléphant et toutes les espèces de pangolins sont classés Classe A*. Ils bénéficient d’une protection intégrale. La détention, la circulation ou la commercialisation de leurs produits sont strictement interdites. Les contrevenants s’exposent à de très lourdes peines de prison.




