Une nouvelle étape s’ouvre dans la stratégie d’amélioration de l’accès à l’eau potable dans la capitale camerounaise. Le gouvernement procède ce jeudi 25 juin à la pose de la première pierre du projet de reconfiguration et de modernisation des réseaux d’eau potable de Yaoundé et de ses environs, lors d’une cérémonie prévue sur l’esplanade de la mairie de Yaoundé 7, avant une descente sur le site stratégique de Nkoameyos.
Présenté comme l’un des investissements les plus importants jamais engagés dans le secteur de la distribution d’eau potable à Yaoundé, ce projet vise à renforcer durablement les capacités d’acheminement et de distribution de l’eau vers les populations.
Un financement international au service des infrastructures hydrauliques
Le chantier bénéficie d’un financement conjoint de l’État du Cameroun et de partenaires bancaires internationaux. Le premier lot est financé par ING Bank et exécuté par le groupement PUTMAN–Phoenix Environnement, tandis que le second lot est soutenu par Belfius Bank avec l’appui technique d’ASPAC Technics.
La Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) occupe une place centrale dans la mise en œuvre du projet. L’entreprise publique assure la coordination technique et administrative des travaux afin de garantir une utilisation optimale des ressources mobilisées.
Compléter les investissements déjà réalisés
Cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris ces dernières années pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la capitale. Parmi les réalisations majeures figure le Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (PAEPYS), qui a permis d’accroître considérablement les capacités de production.
Toutefois, les autorités soulignent que l’augmentation de la production ne peut produire tous ses effets sans un réseau de distribution performant. Le projet de reconfiguration vient ainsi combler ce maillon essentiel en modernisant l’architecture hydraulique de la ville, en renforçant les interconnexions entre les différents secteurs du réseau et en réduisant les pertes techniques.
L’objectif est de permettre une distribution plus efficace de l’eau produite vers les quartiers centraux, les zones périphériques et les nouveaux espaces urbains en pleine expansion.
Des retombées attendues pour les populations et l’économie
Les bénéfices du projet devraient se faire sentir à plusieurs niveaux. Pour les ménages, il est attendu une amélioration de la continuité du service, une diminution des interruptions et une meilleure disponibilité de l’eau potable au quotidien.
Les établissements de santé, les écoles et les universités devraient également bénéficier d’une alimentation plus stable, contribuant à la sécurisation de leurs activités. Pour les entreprises, la fiabilité de l’approvisionnement en eau constitue un facteur supplémentaire d’attractivité économique et de compétitivité.
Sur le plan sanitaire et environnemental, les autorités mettent en avant un accès renforcé à une eau potable de qualité, élément essentiel pour l’amélioration des conditions de vie des populations.
Une vision à long terme pour le Grand Yaoundé
Le projet s’intègre dans un ensemble plus large d’investissements structurants déployés dans le Grand Yaoundé. Il vient compléter les initiatives déjà engagées à travers le PAEPYS, le Projet d’urgence de modernisation des infrastructures publiques (PUMIP), les programmes de renforcement des capacités de stockage, la construction de nouveaux réservoirs stratégiques et la modernisation progressive des réseaux de distribution.
Selon les spécialistes du secteur, cette reconfiguration constitue une étape décisive pour valoriser pleinement les investissements déjà consentis et préparer la capitale à répondre aux besoins croissants de sa population au cours des prochaines décennies.
Vers un service public de l’eau plus performant
Au-delà des infrastructures, le projet traduit la volonté des pouvoirs publics de promouvoir un modèle de gestion davantage axé sur la performance, la qualité du service, l’innovation technologique et la proximité avec les usagers.
Pour les habitants de Yaoundé et de ses environs, ce chantier porte l’espoir d’un accès plus régulier, plus fiable et plus durable à l’eau potable. Une ambition qui, pour les autorités, dépasse la simple réalisation d’ouvrages techniques et marque l’entrée dans une nouvelle phase du développement du service public de l’eau au Cameroun.
La date du 25 juin 2026 pourrait ainsi marquer un tournant dans l’histoire de l’approvisionnement en eau de la capitale, en donnant corps à une vision destinée à répondre aux défis urbains et démographiques des prochaines décennies.
