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Visa américain : Yaoundé devient le centre de traitement des demandes des Gabonais

Les citoyens et résidents du Gabon devront désormais se rendre à Yaoundé pour effectuer leurs démarches ordinaires de visa américain. La mesure, qui entrera en vigueur le 1er août 2026, s’inscrit dans une vaste réorganisation des services consulaires américains en Afrique annoncée le 15 juillet par le département d’État des États-Unis.

Cette décision intervient dans un contexte de durcissement progressif des conditions d’accès au territoire américain pour les ressortissants gabonais. Après la réduction de la durée de validité des visas de court séjour à trois mois, avec une seule entrée autorisée pour la majorité des demandeurs, Washington avait également instauré une caution financière (visa bond) pour certaines catégories de requérants afin de garantir leur retour au Gabon. Avec cette nouvelle réforme, l’ambassade des États-Unis à Libreville cesse d’assurer le traitement courant des demandes de visa, une mission désormais confiée à l’ambassade américaine de Yaoundé.

Le transfert concerne les visas de non-immigrant, notamment pour le tourisme, les affaires, les études et certaines catégories professionnelles. Les visas d’immigration destinés aux parents proches, au regroupement familial ou à l’emploi seront également traités dans la capitale camerounaise. Les demandes de visa de fiancé(e), les procédures d’adoption, le programme Diversity Visa ainsi que les dossiers de réunification des réfugiés et demandeurs d’asile sont aussi concernés.

La réforme s’inscrit dans une restructuration du réseau consulaire américain qui redistribue le traitement des visas entre 20 pôles régionaux couvrant 25 représentations diplomatiques sur le continent africain.

Pour les visas de non-immigrant, l’ambassade des États-Unis à Yaoundé sera compétente pour le Cameroun, le Gabon, la République centrafricaine, le Tchad et São Tomé-et-Príncipe. En matière d’immigration, son ressort sera élargi à la Guinée équatoriale, tandis que les demandes de visas temporaires de ce pays continueront d’être traitées à Malabo. Les dossiers du Congo seront quant à eux transférés vers Kinshasa.

Selon Washington, cette réorganisation vise à harmoniser les procédures de contrôle, de vérification et de décision tout en améliorant l’efficacité du traitement des dossiers. Les autorités américaines précisent toutefois que cette mesure ne modifie pas le statut des ambassades concernées. L’ambassade de Libreville continuera ainsi d’assurer les services destinés aux citoyens américains ainsi que certaines prestations limitées liées aux visas de non-immigrant.

Pour les touristes, étudiants, hommes d’affaires, salariés et familles gabonaises, cette centralisation implique désormais un déplacement au Cameroun pour accomplir les formalités consulaires. Aux frais de demande de visa s’ajouteront les dépenses de transport, d’hébergement et de séjour à Yaoundé, sans compter les éventuels coûts liés à une nouvelle convocation ou au retrait des documents.

À l’inverse, cette nouvelle fréquentation pourrait profiter aux secteurs des transports, de l’hôtellerie, de la restauration et des services dans la capitale camerounaise. En revanche, l’impact de cette réorganisation sur les délais de traitement demeure inconnu. Le département d’État n’a communiqué ni le nombre annuel de dossiers transférés depuis Libreville ni les moyens supplémentaires qui seront mobilisés à Yaoundé.

Les personnes déjà convoquées à Libreville sont invitées à consulter leur messagerie électronique afin de prendre connaissance des nouvelles instructions qui leur seront communiquées. Les demandeurs ayant déjà payé les frais MRV dans un poste diplomatique concerné devront impérativement prendre rendez-vous avant le 31 juillet, faute de quoi ces frais ne seront pas remboursés.

Les examens médicaux requis pour les visas d’immigration pourront être réalisés dans le pays d’origine lorsqu’un médecin agréé y exerce, ou dans le nouveau pôle régional. Les visas déjà délivrés restent valides, tandis que les autres restrictions américaines en vigueur, notamment celles liées à la proclamation présidentielle 10998, aux cautions financières imposées à certaines nationalités et aux suspensions concernant certaines catégories de visas d’immigration, demeurent applicables.

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