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Urgence humanitaire : Venezuela Eyidi, une vie suspendue à un fil entre Douala et l’exil

Traquée par les fantômes du passé et menacée par les ombres du présent, cette jeune Camerounaise incarne aujourd’hui la figure tragique de la victime collatérale d’un conflit qui ne pardonne pas. Récit d’une descente aux enfers.

Un héritage de sang et de cendres

Le destin de Venezuela Eyidi a basculé dans l’horreur un soir de décembre 2024. L’assassinat brutal de son père, le gendarme à la retraite Ayissi Bela Dieudonné, n’était que le prélude d’une tragédie plus vaste. Tombé sous les balles des sécessionnistes alors qu’il rentrait de son champ, l’ancien serviteur de l’État a laissé derrière lui une fille désormais marquée au fer rouge.

Pour les groupes armés, Venezuela n’est pas qu’une civile ; elle est la « descendance d’un corps habillé », une cible symbolique et stratégique. Depuis la destruction par les flammes de sa résidence à Bamenda, elle n’est plus qu’une silhouette errante, dépossédée de son passé et privée de tout futur sur sa terre natale.

Entre trahisons familiales et menaces de mort

Si la violence des maquisards a consumé ses biens, c’est la cruauté humaine qui achève de briser Venezuela. À la douleur du deuil s’est ajoutée une « guerre d’héritage » fratricide. Dépouillée par une famille aveuglée par l’appât du gain, elle se retrouve seule, sans ressources, dans la jungle urbaine de Douala.

Le gendarme à la retraite Ayissi Bela Dieudonné de son vivant

« Je n’ai plus de maison, plus de nom, plus de protection. Chaque visage dans la rue est une menace potentielle », confie-t-elle dans un souffle.

La métropole économique, loin d’être un refuge, est devenue une prison à ciel ouvert. Les informateurs des groupes armés, dont les réseaux s’étendent bien au-delà des zones de conflit, resserrent l’étau autour d’elle. À Douala, Venezuela ne vit pas, elle se cache.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Venezuela peut reconstruire sa vie au Cameroun, mais combien de temps elle pourra y survivre. Privée de sa dignité de citoyenne et traquée comme une proie, son retour vers le Canada ne relève plus d’un projet de vie, mais d’une extraction d’urgence.

Face à une condamnation à mort qui semble déjà signée sur le sol camerounais, l’exil apparaît comme le dernier rempart contre l’irréparable. Pour Venezuela Eyidi, chaque minute passée ici est un pari risqué sur la vie.

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