Le débat autour de la récente réforme constitutionnelle continue d’alimenter la scène politique camerounaise. Dans une publication faite ce lundi sur ses réseaux sociaux, le ministre Grégoire Owona a vivement réagi aux prises de position du professeur Maurice Kamto, notamment à sa pétition contre la nomination d’un vice-président.
Dans une sortie au ton critique, le membre du gouvernement accuse l’opposant d’« oublier » certains faits historiques majeurs. Il évoque notamment la transition de 1982, rappelant qu’un président de la République avait alors accédé au pouvoir par décret, dans un contexte accepté par l’ensemble de la classe politique de l’époque. Une référence implicite à l’arrivée au pouvoir de Paul Biya, que le ministre présente comme un précédent légitimant certaines évolutions institutionnelles.
Grégoire Owona défend par ailleurs la réforme constitutionnelle portée par le chef de l’État, qu’il qualifie de « bienfaisante ». Selon lui, celle-ci vise à renforcer la stabilité des institutions, en prévoyant notamment qu’en cas d’indisponibilité du président, son vice-président puisse achever le mandat en cours. Dans cette logique, il estime que la désignation du vice-président doit relever du pouvoir discrétionnaire du président, fondé sur des critères de confiance, de compétence et de loyauté.
Face à la contestation initiée par Maurice Kamto, le ministre dénonce une « campagne de désinformation » et appelle à un débat plus responsable. Il critique également le parcours politique de l’opposant, qu’il accuse de « nomadisme politique », évoquant ses passages dans plusieurs formations politiques, dont le MRC.
Malgré la virulence de ses propos, Grégoire Owona conclut en appelant à élever le niveau du débat public, exhortant les acteurs politiques à éviter les « polémiques stériles » au profit d’échanges à la hauteur des enjeux démocratiques du pays.
Réforme constitutionnelle : Grégoire Owona recadre Maurice Kamto
