Le processus électoral pour la présidentielle du 12 octobre 2025 franchit une étape majeure. Réuni en session plénière ce 26 juillet à Yaoundé, le Conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam) a validé la liste définitive des candidats retenus pour le scrutin. Treize dossiers ont été jugés conformes aux exigences du Code électoral et des textes encadrant la compétition présidentielle.
Parmi les candidats retenus figurent des figures politiques bien connues telles que Paul Biya (RDPC), Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF), Issa Tchiroma (FSNC), ou encore Akere Muna (UNIVERS). Cependant, une absence notable attire l’attention : celle de Maurice Kamto, ancien président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), récemment annoncé comme candidat sous la bannière du MANIDEM.
Une mise à l’écart dénoncée par le MANIDEM
Cette absence a aussitôt suscité une vive réaction du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), qui s’est fendu d’un communiqué au ton accusateur. Le parti affirme qu’une « pseudo-candidature » a été introduite en son nom sans son aval, avec la complicité supposée de certains membres du gouvernement. Selon le communiqué, des manipulations auraient été opérées sur le site officiel du ministère de l’Administration territoriale, modifiant les informations officielles relatives au MANIDEM afin d’écarter leur véritable candidat, Maurice Kamto.
Le parti dénonce une stratégie visant à éviter un affrontement électoral avec une figure majeure de l’opposition. Qualifiant la manœuvre de « but hors-jeu », le MANIDEM appelle le Conseil constitutionnel à se saisir de l’affaire et à rétablir la transparence du processus. Il en appelle également à la vigilance et à la mobilisation populaire, tout en exhortant les Camerounais à garder leur calme face à ce qu’il qualifie de provocation.
Une campagne sous tension en perspective
Cette controverse vient assombrir une campagne électorale déjà sous haute surveillance. Alors que le pays se prépare à une élection cruciale dans un contexte marqué par des tensions politiques et sociales, la mise à l’écart de Maurice Kamto risque de raviver les clivages et d’alimenter les soupçons sur l’équité du processus. Le MANIDEM conclut son communiqué par un mot d’ordre qui en dit long sur sa détermination : « NO MAKE ERREUR ! ». Un appel à ne pas laisser passer ce qu’il considère comme un « complot contre la démocratie ». La balle est désormais dans le camp du Conseil constitutionnel, seul organe habilité à statuer sur les recours liés aux candidatures. Mais une chose est sûre : l’élection présidentielle de 2025 s’annonce déjà sous haute tension.




