La sortie d’Olivier Safari n’a rien d’anodine. Elle intervient dans un contexte encore brûlant, marqué par l’une des polémiques les plus surréalistes de la dernière Coupe d’Afrique des nations. Sur le plateau de Talents d’Afrique (Canal+), le président de la commission des arbitres de la CAF a tranché : « La serviette n’est pas un équipement d’un joueur ou d’un gardien » et, lorsqu’elle sert à influencer le jeu, « elle doit être loin de l’espace de jeu ».
Derrière cette prise de position ferme se cache un épisode que le public africain n’a pas oublié. Lors de la dernière CAN, plusieurs rencontres ont été marquées par le « vol » des serviettes appartenant aux gardiens de but nigérians et sénégalais. Des scènes pour le moins inhabituelles, impliquant joueurs, officiels et ramasseurs de balles marocains, avaient alors provoqué stupeur et incompréhension sur et autour des pelouses.
Ces épisodes, largement relayés sur les réseaux sociaux et dans les médias, avaient donné lieu à des images qualifiées de lunaires, où l’attention semblait davantage portée sur des accessoires que sur le jeu lui-même. Pour de nombreux observateurs, ces agissements relevaient clairement d’une tentative d’influence psychologique, sinon d’une violation manifeste de l’esprit sportif.
Face à l’ampleur de la polémique, une partie de l’opinion publique s’attendait à une réaction forte de la CAF, voire à des sanctions sévères contre l’organisation marocaine de la compétition. Une réponse qui n’est jamais vraiment venue, alimentant frustrations et soupçons de traitement à géométrie variable.
La déclaration d’Olivier Safari apparaît donc comme un rétropédalage tardif, ou à tout le moins comme une tentative de reprise en main d’un dossier que l’instance continentale a longtemps laissé prospérer. En appelant désormais les organisateurs à prendre ce « problème » en considération dans les compétitions à venir, la CAF semble reconnaître implicitement que la dérive était réelle.
Reste à savoir si cette sortie médiatique débouchera sur des mesures concrètes ou si elle se limitera à un simple rappel à l’ordre. Dans un football africain déjà fragilisé par les controverses arbitrales, la gestion de l’affaire des serviettes continue de poser une question centrale : la CAF est-elle prête à sanctionner avec la même fermeté tous les acteurs, sans exception ?
