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Immigration vers le Canada : l’OIM et le Haut-Commissariat sensibilisent les journalistes aux arnaques

Face à la multiplication des arnaques liées à l’immigration vers le Canada, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat du Canada au Cameroun ont organisé à Douala une séance d’information à l’intention des journalistes et professionnels des médias. Objectif : renforcer leur capacité à sensibiliser le public aux risques de fraude et promouvoir une information fiable sur les procédures migratoires.

Cette initiative intervient dans un contexte où l’intérêt des Camerounais pour l’immigration canadienne ne cesse de croître. Au cours des dernières années, le Cameroun s’est imposé comme le principal pays source de l’immigration francophone vers le Canada. Un engouement renforcé par la perspective de la Coupe du monde FIFA 2026, dont plusieurs rencontres se dérouleront sur le sol canadien et qui suscite de nombreuses convoitises parmi les candidats au voyage.

Mais cette attractivité s’accompagne d’une recrudescence des offres frauduleuses ciblant les candidats à l’immigration. C’est pour répondre à cette menace que les organisateurs ont choisi de s’appuyer sur les médias, considérés comme des relais essentiels dans la diffusion d’informations fiables auprès des populations.

Ouvrant les travaux, Mohamed Dougouno, chef de sous-bureau de l’OIM à Douala, a présenté l’organisation, créée en 1951 et présente au Cameroun depuis 2007. Il a rappelé que l’OIM œuvre pour une migration sûre, ordonnée et régulière, en collaboration avec les États membres et plusieurs partenaires internationaux, parmi lesquels figure le Canada.

L’occasion lui a également permis d’attirer l’attention sur les différentes formes de fraude observées dans le domaine migratoire. La fraude documentaire demeure l’une des plus répandues. Elle peut prendre plusieurs formes : l’obtention frauduleuse d’un document authentique, la fourniture de fausses informations pour obtenir un document officiel ou encore la modification de documents existants. Des pratiques qui exposent les candidats à de lourdes sanctions et fragilisent les systèmes d’immigration.

Des mythes déconstruits

La deuxième partie de la rencontre a été animée par Caroline Henry, première secrétaire au Haut-Commissariat du Canada au Cameroun, accompagnée de l’analyste des risques de la représentation diplomatique. Leurs interventions ont permis de déconstruire plusieurs idées reçues sur les demandes de visa canadien et de mettre en garde contre les faux consultants et intermédiaires qui promettent des procédures rapides ou garanties.

Les chiffres présentés témoignent de l’ampleur du phénomène. Selon des données relayées lors de la séance, plus de 9 000 cas de fraude à l’immigration sont soupçonnés et examinés chaque mois au Canada, d’après des statistiques communiquées par le ministre canadien de l’Immigration, Marc Miller, en mars 2025.

Les intervenants ont également souligné qu’au cours des six premiers mois de l’année 2024, quelque 52 000 demandes de résidence temporaire ont été rejetées pour fausse déclaration, contre 26 000 pour l’ensemble de l’année 2022. Cette hausse spectaculaire de plus de 100 % contraste avec une augmentation de seulement 25 % du volume total des demandes sur la même période.

Les autorités canadiennes ont par ailleurs rappelé le durcissement des sanctions. Les représentants en immigration reconnus coupables de pratiques frauduleuses risquent désormais des amendes pouvant atteindre 1,5 million de dollars canadiens. Les candidats impliqués dans des fraudes ou des fausses déclarations s’exposent quant à eux à une interdiction d’entrée sur le territoire canadien pendant cinq ans, conformément à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.

Un message a particulièrement retenu l’attention : même lorsqu’un dossier est confié à un consultant ou à un intermédiaire, le demandeur demeure entièrement responsable des informations soumises aux autorités canadiennes.

Des opportunités réelles pour les francophones

Au-delà des mises en garde, les organisateurs ont tenu à rappeler que le Canada continue d’offrir d’importantes perspectives aux travailleurs qualifiés francophones. En 2024, le pays a accueilli près de 485 000 nouveaux résidents permanents, dont plus de 60 % dans le cadre de l’immigration économique.

Les données présentées montrent également l’importance croissante de l’Afrique dans la stratégie migratoire canadienne. Ainsi, 84,8 % des immigrants francophones admis hors Québec en 2024 provenaient d’Afrique ou du Moyen-Orient.

Pour les années à venir, Ottawa entend poursuivre cette dynamique. Le Canada prévoit d’accueillir 30 267 résidents permanents francophones hors Québec en 2026 et vise progressivement une proportion de 12 % d’immigrants francophones dans les admissions totales d’ici 2029.

Afin d’éviter les pièges de la fraude, les participants ont été invités à privilégier exclusivement les sources officielles d’information, notamment le site du gouvernement canadien, les représentants accrédités et les structures reconnues telles que l’OIM.

Dans un environnement où les fausses informations circulent abondamment sur les réseaux sociaux, WhatsApp ou Telegram, les organisateurs ont insisté sur le rôle déterminant des médias dans la sensibilisation des populations. Une responsabilité qui apparaît aujourd’hui comme un maillon essentiel de la lutte contre la fraude migratoire.

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