Site icon Cameroon Files

Dibamba : Magil prêt à financer et construire le second pont

Le projet de construction d’un second pont sur la Dibamba, à l’entrée Est de Douala, pourrait connaître un tournant décisif. L’entreprise canadienne Magil Construction a officiellement réaffirmé son intérêt pour le chantier en y adossant, cette fois, une offre de financement.

Reçu en audience le 24 février 2026 par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, le représentant du groupe, Ralph Tropea, a soumis une proposition formelle visant à mobiliser les fonds nécessaires via des partenaires financiers internationaux du constructeur. Une démarche qui ambitionne de contourner les lenteurs liées aux procédures classiques de financement public.

Une enveloppe estimée à 59 milliards FCFA

Si le montant exact de l’offre n’a pas été rendu public, une source proche du dossier évoque une enveloppe d’environ 59 milliards FCFA (près de 90 millions d’euros), correspondant à l’estimation initiale du projet. Cette proposition intervient alors que le financement initial, évalué à 85,5 milliards FCFA et attendu via Standard Chartered Bank à Londres, tarde à se concrétiser depuis l’annonce du projet en 2021.

Magil mise sur un montage de type EPC+F (Ingénierie, Approvisionnement, Construction et Financement). Concrètement, l’entreprise porterait à la fois la conception, l’exécution et le financement de l’ouvrage, dans une formule « clés en main ». L’objectif affiché est d’accélérer le démarrage des travaux, idéalement à la fin de la phase 2 de la pénétrante Est, attendue en juin 2026.

Selon des sources autorisées, le ministère des Travaux publics examine actuellement la compatibilité de cette offre avec les plafonds budgétaires autorisés pour les exercices 2026-2027.

Un pont vieillissant sous forte pression

Le second pont sur la Dibamba s’inscrit dans la continuité des travaux d’aménagement de la pénétrante Est de Douala. L’ouvrage actuel, vieux de 42 ans et long de plus de 400 mètres, montre des signes de fatigue avancée. Adapté à une époque où le trafic était moins dense, il supporte aujourd’hui quotidiennement un important flux de poids lourds.

Des vibrations récemment ressenties par des automobilistes ont conduit au lancement de travaux de réparation sur le tablier, déjà restauré à plusieurs reprises par le passé. Cette situation renforce l’urgence d’une solution structurelle pour sécuriser et fluidifier la circulation à l’entrée Est de la capitale économique.

Un enjeu stratégique pour les corridors sous-régionaux

Au-delà du confort des usagers locaux, l’élargissement de la chaussée et la construction d’un second pont doivent améliorer la fluidité sur la nationale N3, axe stratégique reliant Douala à Yaoundé et à Kribi, cité balnéaire abritant un port en eau profonde.

Cette route constitue également un maillon essentiel des corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Selon les données de la douane camerounaise, ces axes voient transiter chaque année près de 350 milliards FCFA de marchandises tchadiennes et 55 milliards FCFA de marchandises centrafricaines.

Dans ce contexte, la proposition de Magil Construction apparaît comme une alternative crédible pour relancer un projet jugé prioritaire pour la compétitivité logistique du Cameroun et l’intégration économique sous-régionale. Reste désormais à savoir si l’offre financière convaincra les autorités et permettra d’enclencher enfin le chantier tant attendu.

Quitter la version mobile