Le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) interpelle le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable sur le maintien, malgré les instructions du Premier ministre, de l’application d’une circulaire imposant la plateforme de la Bourse Nationale des Déchets (BND) comme cadre obligatoire pour les transactions de déchets.
Le bras de fer autour de la gestion des déchets au Cameroun se poursuit. Dans une correspondance adressée au ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, le président du GECAM, Célestin Tawamba, demande la mise en œuvre effective des instructions du Premier ministre relatives à la suspension de la Lettre-circulaire n°00001/LC/MINEPDED/SG/DNG/SDGDGPC du 12 février 2026.
Ce texte rendait obligatoire l’utilisation de la plateforme numérique de la Bourse Nationale des Déchets comme cadre dédié aux transactions liées à la gestion des déchets au Cameroun.
Dans sa lettre, le GECAM rappelle avoir déjà saisi le ministère, le 7 avril 2026, au sujet de cette mesure. Le regroupement patronal indique qu’une séance de travail s’est ensuite tenue le 12 juin 2026 dans les services du Premier ministre, en présence notamment d’entreprises membres du GECAM. À la suite de cette rencontre, les services du Premier ministre auraient transmis, par courrier daté du 1er juillet 2026, les instructions du chef du gouvernement visant à rapporter la lettre-circulaire concernée.
Le blocage persiste
Selon le GECAM, malgré ces instructions, la situation n’aurait pas évolué sur le terrain. Le patronat déplore notamment le refus de certains collaborateurs du ministère de délivrer les manifestes de traçabilité aux opérateurs, ceux-ci étant systématiquement renvoyés vers les dispositions de la lettre-circulaire du 12 février 2026.
Pour le groupement, cette situation crée une « grave insécurité juridique » pour les opérateurs économiques et affecte la confiance de ces derniers envers les institutions publiques.
Le GECAM estime également que le maintien de ce blocage pourrait avoir des répercussions sur la survie de certaines entreprises dont l’activité repose directement ou indirectement sur la chaîne de valeur des déchets. L’organisation patronale évoque ainsi un impact potentiel sur plusieurs milliers d’emplois.
Le patronat réclame une concertation
Au-delà de la demande d’application des instructions du Premier ministre, le GECAM plaide pour l’ouverture d’une concertation réunissant l’ensemble des parties prenantes.
L’objectif affiché est de parvenir à des solutions « pérennes légalement fondées », capables de préserver à la fois le tissu économique et les emplois du secteur des déchets, tout en poursuivant les objectifs de promotion d’une économie circulaire compétitive.
Le groupement assure être disponible pour participer à toute concertation que le ministère jugerait utile d’organiser.
Cette nouvelle interpellation intervient alors que la mise en place de la plateforme de la BND suscite des discussions entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques concernés. Au cœur du différend se trouve désormais l’application effective des instructions du Premier ministre et la clarification du cadre réglementaire applicable aux opérations de gestion et de valorisation des déchets au Cameroun.
