La capitale politique camerounaise accueille depuis ce jeudi, le deuxième atelier régional dédié à la validation du guide pratique des Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat (RGPH). Prévus jusqu’au 25 avril, ces travaux réunissent une quarantaine de spécialistes issus des Instituts Nationaux de la Statistique (INS) du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée Équatoriale, de la RCA et du Tchad.
Un guide unique pour des recensements « nouvelle génération »
L’enjeu de cette rencontre est de doter les six États membres de la CEMAC d’un cadre méthodologique commun. Nicolas BEYEME NGUEMA, Commissaire en charge des Politiques Économique, Monétaire et Financière à la Commission de la CEMAC, l’a rappelé à l’ouverture : l’objectif est d’aboutir à un référentiel partagé qui encadre la réalisation des prochains recensements.
Pendant trois jours, les experts vont passer au crible le projet de guide pratique. L’idée est de l’adapter aux réalités de la sous-région, en tenant compte des contraintes sécuritaires dans certaines zones et en intégrant pleinement les outils numériques pour la collecte et le traitement des données.
Mettre fin au « chacun pour soi » statistique
Le Commissaire de la CEMAC en charge du Département des Politiques Économique, Monétaire et Financière, Nicolas BEYEME NGUEMA a insisté sur l’urgence d’harmoniser les pratiques :
« Aujourd’hui, les recensements ne se font ni au même rythme ni selon les mêmes standards dans nos six pays. Cette situation empêche toute comparaison fiable des données démographiques à l’échelle sous-régionale. »
Le cas du Cameroun
Prenant la parole au nom du directeur général de l’Institut National de la Statique ( INS ) du Cameroun, son représentant s’est réjoui de l’existence d’un système national d’information statistique bien structuré au Cameroun. Il a cependant mis un bémol en reconnaissant que le pays fait face à des obstacles opérationnels dans la conduite de son 4e RGPH, dont le dénombrement démarre justement ce 24 avril. Il a déploré le non-respect de la périodicité des recensements au Cameroun, en faisant remarquer que le recensement général de la population qui démarre ce 24 avril 2026, intervient 21 ans après le précédent, alors que l’exercice est censé avoir lieu tous les dix ans.
Vers des données comparables en Afrique centrale
Au terme de l’atelier, les six pays devront disposer d’outils méthodologiques harmonisés. L’ambition étant d’améliorer sensiblement la qualité, la disponibilité et la comparabilité des statistiques de population dans toute la zone de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale. Pour la Commission, cette étape est déterminante dans la construction d’un véritable système statistique communautaire.
Les travaux s’achèvent samedi 25 avril 2026. En un mot comme en mille, l’Afrique Centrale est en voie de prendre en main son destin statistique.
