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Carnet noir : Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, est mort à Paris

Le Cameroun est en deuil. Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, est décédé ce samedi matin à Paris, en France, où il recevait des soins depuis plusieurs mois. Il a rendu l’âme aux environs de 5h22, selon les informations communiquées sur son décès.

Figure majeure de l’appareil judiciaire camerounais, Clément Atangana laisse derrière lui une longue carrière consacrée à la magistrature et aux hautes fonctions judiciaires. Son nom reste notamment associé au contentieux post-électoral de 2018, au terme duquel une formule prononcée devant les acteurs politiques et l’opinion publique est entrée dans la mémoire collective : « Irrecevable. »

Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyek, dans la région du Centre, Clément Atangana effectue ses études secondaires au Lycée de Manengoumba à Nkongsamba, où il obtient son baccalauréat en sciences expérimentales. Il poursuit ensuite des études à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Yaoundé, où il décroche une licence en droit privé.

Il complète sa formation à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), puis à l’Institut international d’administration publique de Paris. Le 20 décembre 1968, il intègre la magistrature, entamant une carrière qui le conduira à occuper plusieurs postes de responsabilité dans l’appareil judiciaire camerounais.

Une longue carrière dans la magistrature

En 1975, il est nommé président du tribunal de Mora. Deux ans plus tard, il devient juge au tribunal de première instance de Yaoundé, avant de prendre la tête du tribunal de Sangmélima en 1978, puis du tribunal de Yaoundé en 1980.

Son parcours se poursuit au ministère de la Justice. En 1981, il est nommé directeur adjoint de la Direction des affaires judiciaires et du Sceau. En 1988, il devient procureur général près la cour d’appel de Garoua. L’année suivante, il prend la présidence de la cour d’appel de Yaoundé, tout en assurant la présidence de la chambre d’appel de l’ordre professionnel médico-sanitaire à Yaoundé. En 1991, il rejoint la Cour suprême en qualité de conseiller, fonction qu’il conservera jusqu’à son départ à la retraite en 2014.

À la tête du Conseil constitutionnel

Quelques années après sa retraite, Clément Atangana revient au premier plan de la scène institutionnelle. Par un décret signé le 7 février 2018, le président Paul Biya le nomme à la tête du Conseil constitutionnel. Cette nomination intervient alors que cette institution est appelée à jouer un rôle central dans le processus électoral et le règlement des contentieux liés aux élections.

La même année, Clément Atangana préside les audiences consacrées aux recours introduits après l’élection présidentielle. C’est à cette occasion que son « Irrecevable » devient l’une des expressions les plus marquantes de son passage à la tête du Conseil constitutionnel.

À 85 ans, Clément Atangana s’éteint ainsi à Paris, après plusieurs décennies au service de la justice camerounaise. Avec sa disparition, le pays perd l’une de ses figures judiciaires les plus connues de ces dernières années.

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