Ma réponse aux attaques du Dr Gaston NDOCK NDOCK, Chargé de Cours de Géographie à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé
Analyse littéraire et linguistique du discours ordurier d’un universitaire à propos de son ancien Recteur
Par Darren LAMBO EBELLE,
Journaliste et Professeur de l’Enseignement Secondaire Général de Lettres Modernes Françaises, diplômé de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé
Introduction
Je ne juge pas l’homme, je dissèque son discours afin que la conclusion s’impose d’elle-même.
Cadre théorique de l’analyse
La présente analyse s’inscrit dans le champ de la philologie et de l’analyse du discours. Elle mobilise une grille d’analyse à quatre niveaux : lexical, syntaxique, rhétorique et éthique. L’objectif n’est pas de vérifier la véracité des faits allégués, mais d’interroger la manière dont le discours est construit, les registres de langue mobilisés et la posture énonciative de son auteur. Il s’agit d’une approche descriptive et critique qui permet de révéler, au-delà des mots, les carences cognitives, pédagogiques, didactiques et scientifiques d’un discours produit en milieu universitaire.
Contexte de l’analyse
La veille de mon passage sur Canal 2 International, dans le cadre de l’émission L’Arène dont l’invité était le Pr Maurice Aurélien SOSSO, Recteur Émérite de l’Université de Yaoundé I, j’ai fait l’objet d’une attaque du Dr Gaston NDOCK NDOCK, Chargé de Cours à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Non seulement m’a-t-il confondu avec le contradicteur de l’invité, mais il a allégué entre autres, que j’aurais bénéficié du soutien de l’ancien Recteur pour mon entrée à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Et si c’était le cas, il faudrait honnêtement reconnaître la clairvoyance et le jugement éclairé du Recteur Maurice Aurélien SOSSO à jauger une compétence. Mais, comme le dit l’écrivain français Marcel Pagnol dans son roman « La Gloire de mon père », » il est malaisé de parler de soi en bien… », je n’en dirai pas plus sur moi-même.
Je vais plutôt m’évertuer à psychanalyser le discours ordurier d’un universitaire sur les réseaux sociaux, après le passage du Recteur Émérite Maurice Aurélien SOSSO sur les antennes de la chaîne verte.
C’est dans cette perspective que nous sommes en présence d’un sujet qui, par ses écrits, s’avère indigne d’exercer dans une école d’élite chargée de former les formateurs, c’est-à-dire les professeurs, les éducateurs, les fonctionnaires de la catégorie A, A1 et A2, de la Fonction publique camerounaise.
La question qui se pose alors est d’ordre didactico-pédagogique : que ressentent les élèves-professeurs de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé à la lecture d’un tel discours produit par l’un de leurs enseignants ?
À cet enseignant qui a cru devoir s’attaquer à ma personne, par préjugé et sur la base d’allégations non fondées, je choisis de répondre sur le terrain qui nous est commun : celui de la science et celui de la relation enseignement-apprentissage.
C’est pourquoi je me propose de démontrer, dans les lignes qui suivent, l’inaptitude et l’imposture qui sont les siennes à enseigner à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Cette démonstration sera conduite sur quatre plans indissociables de l’acte d’enseigner : Sur le plan cognitif : par l’incapacité à gérer la charge émotionnelle et à mobiliser des opérations de haut niveau comme la conceptualisation, la nuance et l’argumentation rationnelle. Le discours relève du registre pulsionnel et non du registre réflexif.
Sur le plan pédagogique : par la rupture du contrat didactique et de la posture d’éducateur-modèle. L’enseignant est un modèle langagier et éthique. L’usage d’un lexique trivial et injurieux détruit son ethos et invalide son autorité pédagogique.
Sur le plan didactique : par l’échec total de la transposition didactique et de la maîtrise des registres de langue. L’universitaire doit être capable de passer du registre courant au registre soutenu. Ici, on assiste à une contamination volontaire du discours savant par le registre ordurier, ce qui témoigne d’une incompétence langagière fondamentale.
Sur le plan scientifique : par le recours systématique au sophisme ad personam et à l’attaque ad hominem, au détriment de l’administration de la preuve et de la discussion critique des faits.
Nous sommes donc face à un cas d’école de dérapage de registre chez un universitaire, révélateur de carences lourdes qui interrogent sa légitimité à former de futurs enseignants.
FICHE D’ANALYSE – LE DISCOURS ORDURIER EN MILIEU UNIVERSITAIRE
Texte support : Attaque d’un Chargé de Cours contre son ancien Recteur
1. MÉTHODE D’ANALYSE : La grille en 4 niveaux
Quand on analyse un tel texte en philologie, on ne regarde pas si c’est vrai ou faux. On regarde COMMENT c’est dit.
Niveau 1 : Lexique – Quels mots il choisit
Niveau 2 : Syntaxe – Comment il construit ses phrases
Niveau 3 : Rhétorique – Comment il veut manipuler
Niveau 4 : Éthique – Ce que ça dit de sa posture d’enseignant
2. Démonstration
A. Au niveau du Lexique : La chute dans le registre ordurier
Le propre de l’universitaire, c’est le registre soutenu ou courant. Ici, on a une contamination volontaire par le registre trivial et injurieux.
– Lexique scatologique et sexuel comme arme : aplatventrisme, pratiques contre nature, anustocrate. Ce n’est plus du français académique. C’est une stratégie de souillure. On ne critique plus l’idée, on salit le corps de l’autre. En stylistique, on appelle ça l’argumentum ad personam ordurier.
– Lexique de la diabolisation : esprit maléfique de la pire espèce, monstre, imposteur. On sort du débat rationnel pour entrer dans le champ lexical religieux / moral. L’adversaire n’est plus un collègue en tort, c’est le Mal.
– Lexique du mépris infantilisant : geste, agiter, manger tranquillement l’argent qu’il a volé. Procédé de réduction : on ramène un Pr titulaire, Recteur pendant 12 ans, au statut d’enfant capricieux ou de voleur de cantine.
Diagnostic philologique : C’est l’inverse d’un enseignant soucieux de son rang : il peut à tout le moins complexifier la langue pour élever le débat. Ici, on appauvrit et on ordurise la langue pour abaisser l’homme.
B. Au niveau Syntaxique : La phrase qui se perd
– Phrases hypertrophiées et asyntaxiques : 4 à 5 lignes sans respiration. Exemple : Le recrutement de son fils, avec un Master professionnel, maintenu au même grade… Il n’y a plus de verbe principal. C’est une phrase nominale qui n’en finit pas. Signe d’une pensée sous émotion, qui n’est plus contrôlée.
– Abus de parenthèses et de guillemets de dérision : je connais Nké depuis l’embryon, mal structuré. Les guillemets ne servent plus à citer, mais à tourner en dérision.
– Rupture d’anaphore : Il commence par il puis passe à ce type puis le type. On déshumanise grammaticalement au fur et à mesure du texte.
C. Au niveau Rhétorique : Le manuel du discrédit
C’est une construction très classique en 3 temps :
1. La victimisation inversée : C’est lui qui est venu me chercher… j’ai refusé… il a détruit ma carrière. Je suis la victime d’un puissant.
2. Le dévoiement vers la famille : Quand on n’a plus d’argument sur le plan professionnel, on attaque le fils et l’épouse. C’est le point de bascule où le discours cesse d’être une critique universitaire et devient une diffamation. C’est le moment où l’enseignant perd son titre symboliquement.
3. La prophétie auto-réalisatrice : Il n’aura plus rien… Il espère être nommé Ministre de l’Enseignement Supérieur… On se fait devin pour annoncer la chute de l’autre, pour se consoler.
D. Au niveau Éthique : La faute professionnelle
Pour un Chargé de Cours, ceci s’impose sans concession : on ne règle pas un conflit hiérarchique avec le lexique de la rue.
Pourquoi ? Parce que l’enseignant d’université est le modèle de langue. Si l’étudiant voit son maître dire anustocrate sur les réseaux sociaux, quelle autorité lui reste pour appeler à l’éthique du langage en classe ?
