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AIVDP : 57,8 millions de dollars investis pour renforcer l’agriculture dans le Sud-Ouest

Le Projet de Développement des Infrastructures Agricoles et des Chaînes de Valeur (AIVDP), lancé en 2019, arrive officiellement à son terme. Une délégation des partenaires du Fonds Lives and Livelihoods (LLF) séjourne à Yaoundé du 14 au 16 septembre 2026 pour marquer la clôture de ce programme qui a mobilisé 57,8 millions de dollars US au profit des communautés de la région du Sud-Ouest.

Après sept années d’intervention, l’heure est au bilan pour le Projet de Développement des Infrastructures Agricoles et des Chaînes de Valeur (AIVDP). Mis en œuvre avec l’appui du Gouvernement camerounais, de la Banque Islamique de Développement (BID) et des partenaires du Fonds Lives and Livelihoods (LLF), le projet a ciblé plusieurs maillons essentiels du développement rural.

La mission organisée du 14 au 16 septembre à Yaoundé réunit notamment des représentants de la BID, du Fonds Concessionnel de la BID, du Centre d’Aide Humanitaire et de Secours du Roi Salman (KSrelief), de la Fondation Gates, du Fonds d’Abu Dhabi pour le Développement ainsi que de la Fondation Aliko Dangote.

Au cœur de cette mission figure la Journée du Groupe de la BID, au cours de laquelle une session spéciale est consacrée à l’AIVDP sous le thème « De l’investissement à l’impact ». L’occasion de présenter les réalisations du projet, mais également de donner la parole aux communautés bénéficiaires.

Des infrastructures pour rapprocher producteurs et marchés

L’un des principaux résultats du projet réside dans l’amélioration des infrastructures rurales. 194 kilomètres de routes rurales ont été construits afin de faciliter la circulation des personnes et des produits agricoles entre les zones de production et les marchés.

Le projet a également permis la réalisation de 25 marchés ruraux, 29 hangars et un entrepôt, auxquels s’ajoutent trois unités de transformation semi-industrielles et 350 petites unités de transformation.

Sur le plan agricole, quelque 12 270 agriculteurs ont reçu plus de 10 millions d’unités de matériel végétal amélioré. Un dispositif d’irrigation couvrant 180 hectares a également été développé pour soutenir la production.

Cette stratégie vise à aller au-delà de la simple augmentation de la production, en améliorant également la transformation et la commercialisation des produits issus des exploitations rurales.

Santé, eau et éducation intégrées au projet

L’AIVDP s’est également distingué par son approche multisectorielle. Les investissements ont dépassé le seul secteur agricole pour intégrer plusieurs services essentiels au développement des communautés.

Le projet a ainsi permis de construire six centres de santé, huit blocs de deux salles de classe, 31 systèmes ruraux d’approvisionnement en eau et cinq centres communautaires polyvalents dédiés à l’autonomisation des populations.

Sur le volet du développement des compétences, 1 029 personnes ont été formées, dont 32 % de femmes. L’accès au financement a également fait l’objet d’un accompagnement avec 525 millions de FCFA, soit environ 930 000 dollars US, mobilisés à travers un réseau de microfinance.

Quelque 85 « Village Barns » ont par ailleurs été mis en place pour contribuer à rapprocher les populations rurales des services financiers.

1,5 million de bénéficiaires

Selon les données communiquées par les partenaires, environ 1,5 million de personnes ont bénéficié des interventions de l’AIVDP dans la région du Sud-Ouest. Les femmes représentent 780 000 bénéficiaires, soit 52 % du total.

Pour les partenaires du LLF, ces résultats illustrent l’intérêt d’une approche qui associe investissements agricoles, infrastructures, services sociaux et mécanismes de financement.

« Les petits exploitants agricoles jouent un rôle essentiel dans la construction de systèmes alimentaires plus solides et d’économies rurales plus résilientes », souligne James Carty, directeur adjoint pour le Moyen-Orient à la Fondation Gates. Il estime que l’amélioration de la productivité doit aller de pair avec l’accès aux infrastructures, aux marchés, au financement et aux services essentiels.

De son côté, l’Ingénieur Ahmed Al-Baiz, du KSrelief, relève que l’expérience camerounaise traduit l’ambition du LLF de soutenir des solutions durables en matière de sécurité alimentaire, d’infrastructures agricoles et d’autonomisation des communautés.

Quel héritage après la clôture ?

L’achèvement officiel de l’AIVDP ne constitue pas la fin des échanges entre les différents partenaires. La mission prévoit notamment une réunion du Comité technique du LLF ainsi qu’un atelier de clôture réunissant le Gouvernement camerounais, les partenaires du LLF, le pôle régional de la BID à Abuja, l’Unité de gestion du projet et celle du Fonds Lives and Livelihoods.

Ces rencontres doivent permettre de dresser le bilan du projet, de documenter les enseignements tirés de sa mise en œuvre et d’examiner les perspectives de consolidation des acquis.

Pour les partenaires, le principal défi est désormais de faire perdurer les effets des investissements réalisés depuis 2019. Routes, marchés, unités de transformation, systèmes d’eau, infrastructures sanitaires et éducatives ou encore mécanismes de financement constituent autant d’actifs appelés à continuer de soutenir les communautés rurales du Sud-Ouest au-delà de la période officielle du projet.

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