Formation. Transmission. Remise en question. À Douala, CANAL+ University a réuni 33 journalistes camerounais autour de Vincent Radureau. Cinq jours pour interroger les pratiques, affûter les réflexes et renouer avec les fondamentaux d’un métier en pleine mutation.
À première vue, rien ne distinguait vraiment l’immeuble Elites Office d’un autre immeuble de bureaux de Douala. Pourtant, pendant cinq jours, ses salles ont pris des allures de rédaction grandeur nature. Caméras, micros, exercices, échanges et mises en situation ont rythmé une session de formation qui a placé le journaliste au centre d’un exercice essentiel : se remettre en question pour progresser.

À l’origine de cette initiative, CANAL+ Cameroun, à travers CANAL+ University. Avec un chiffre qui dit beaucoup de l’intérêt suscité par cette formation : plus de 500 candidatures pour seulement 33 places. Une sélection particulièrement exigeante, composée en majorité de journalistes et professionnels de la presse sportive.
Les fondamentaux à l’épreuve
Pour encadrer cette session, CANAL+ University a choisi Vincent Radureau, journaliste sportif expérimenté du groupe CANAL+, avec 34 années de métier au compteur.
Pendant cinq jours, il a partagé ses méthodes, ses réflexes et son expérience autour des principales exigences du journalisme audiovisuel : préparation de l’information, interview, présentation, commentaire de matchs, conception d’émissions, rédaction et comportement à l’antenne.
Pas question, cependant, d’imposer une méthode unique.
« Je dis juste : voilà comment je fais. Si cela peut aider les uns ou les autres, c’est tant mieux », explique Vincent Radureau, qui insiste notamment sur l’importance de la posture et de la qualité du rendu à l’antenne. Une approche fondée davantage sur le partage d’expérience que sur la leçon magistrale.
« Nous avions besoin de cela »
Cette volonté de confronter les pratiques a rapidement trouvé un écho auprès des participants. Pour Yvan Ango, journaliste et patron de Radio Sport Info, l’intérêt de la formation réside justement dans cette capacité à prendre du recul. « C’est une bonne initiative. Nous en avions besoin. Cela nous a permis d’avoir un autre regard sur le métier que nous pratiquons et surtout d’avoir l’humilité de se remettre en question pour être meilleur », témoigne-t-il. Une remise en question devenue presque incontournable dans un secteur bouleversé par les réseaux sociaux, la multiplication des plateformes et l’accélération du traitement de l’information.

Cinq jours, retour aux fondamentaux
Aimée Catherine Moukouri, promotrice de SCN, abonde dans le même sens. Pour elle, la formation continue n’est plus un luxe pour les professionnels des médias. « Dans un contexte où le métier de journaliste est confronté à des mutations rapides et à des défis permanents, la formation continue n’est plus une option, mais une nécessité absolue », estime-t-elle. Elle retient surtout la méthode de Vincent Radureau, faite d’expertise mais aussi de simplicité dans la transmission. « En l’espace de cinq jours seulement, nous avons réussi à faire un véritable tour d’horizon pour revenir au cœur de notre profession : l’essentiel, la rigueur et l’essence même de notre métier », souligne-t-elle.
CANAL+ University, au-delà des écrans
Pour Jeannette Ndje, responsable de la communication à CANAL+ Cameroun, cette formation répond d’abord à une demande exprimée par les professionnels eux-mêmes.
« La presse sportive réclame des formations dans son domaine. Nous avons pensé qu’il fallait faire venir un expert du domaine du journalisme sportif pour dispenser ce qu’il sait, partager avec les journalistes, échanger avec eux », explique-t-elle.
La démarche s’inscrit dans une politique plus large de CANAL+ University, qui développe des programmes de transmission dans plusieurs filiales africaines et autour de différents métiers : journalisme, sport, cinéma ou encore art.
À Douala, l’expérience aura surtout permis de créer une passerelle entre ceux qui pratiquent le métier au quotidien et ceux qui disposent de plusieurs décennies d’expérience.
500 candidatures. 33 retenus. 5 jours d’échanges. 34 années d’expérience transmises.
Au bout du compte, l’enjeu n’était pas seulement d’apprendre à mieux tenir un micro ou à mieux faire face à une caméra. Il était aussi de rappeler une évidence souvent oubliée : dans le journalisme, l’expérience compte, mais la capacité à continuer d’apprendre compte encore davantage.




