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Affaire Wadivo–Ecobank : le tribunal inflige une lourde sanction à la banque

Ecobank Cameroun a subi un revers judiciaire majeur dans le litige qui l’oppose depuis près de trois ans à la société de recouvrement Wadivo et à son promoteur, Moyo Kamgaing. Dans un jugement rendu le 28 mai 2026, le Tribunal de Première Instance de Bonanjo à Douala a déclaré la banque coupable de diffamation et l’a condamnée à verser 1,5 milliard de FCFA de dommages et intérêts aux plaignants.

La décision marque un tournant dans une affaire qui avait débuté en 2023, lorsque Wadivo avait lancé une campagne invitant les clients d’Ecobank à signaler d’éventuels prélèvements bancaires irréguliers. Selon l’entreprise, plusieurs usagers lui avaient transmis des relevés faisant apparaître des débits présentés sous des intitulés jugés trompeurs.

En réaction, Ecobank avait publiquement accusé Wadivo de diffuser de fausses informations destinées à porter atteinte à son image et à tromper les consommateurs. La banque avait également sollicité devant la justice la fermeture de la plateforme ainsi que le paiement de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA de dommages et intérêts.

Estimant que ces accusations portaient atteinte à leur réputation, Wadivo et son dirigeant avaient alors engagé une procédure pour diffamation. Le tribunal leur a finalement donné raison en rejetant les griefs formulés par la banque, notamment les accusations de tentative d’escroquerie.

Au cours des débats, l’une des principales questions portait sur la nature de certains prélèvements contestés par les clients. Ecobank avait expliqué qu’il s’agissait d’une simple erreur d’affichage sur les relevés bancaires. Afin d’éclairer le dossier, le tribunal avait ordonné une expertise indépendante.

D’après les conclusions évoquées par Wadivo, les experts désignés par la juridiction auraient établi que les libellés litigieux correspondaient en réalité à la facturation d’un second pack de services bancaires d’un montant de 10 000 FCFA hors taxes par mois, auquel certains clients n’auraient pas souscrit.

Les experts auraient également relevé l’existence d’observations antérieures formulées par les autorités de contrôle à l’encontre de la banque. Selon Wadivo, le Comité national économique et financier avait déjà pointé certaines pratiques liées à la facturation de frais de retrait au guichet, alors que ces opérations sont censées être gratuites dans le cadre du service bancaire minimum garanti.

Les responsables de Wadivo soutiennent toutefois que leur initiative n’a jamais visé exclusivement Ecobank. Ils affirment avoir reçu des réclamations concernant plusieurs établissements bancaires opérant au Cameroun avant de procéder à des vérifications destinées à écarter les dossiers insuffisamment étayés.

Au-delà du contentieux judiciaire, le verdict est perçu par Wadivo comme une étape importante dans la promotion de la culture de la réclamation et de la défense des consommateurs. L’entreprise estime que les accusations portées contre elle avaient fortement affecté sa crédibilité et freiné son développement.

À la suite de cette décision, Moyo Kamgaing a salué ce qu’il considère comme une victoire de la vérité et de la justice. Le dirigeant assure que son combat se poursuivra afin d’obtenir, le cas échéant, l’indemnisation des clients qui auraient été victimes de prélèvements indus.

Reste désormais à savoir si Ecobank choisira d’exercer les voies de recours prévues par la loi. En attendant, ce jugement figure déjà parmi les décisions les plus marquantes rendues ces dernières années dans le secteur bancaire camerounais.

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